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Pseudo: gouichiche m'hamedCatégorie: ScienceRecommander ce blog
Mardi 06 Mai 2008

La panthère de Flatter !

Flatter est le nom donné à Bénaria pendant l’ère coloniale. Ce sympathique village est situé dans la commune Zéboudja, wilaya de Chlef. Une panthère (Panthèra pardus) en très bon état de conservation est exposée dans la maison de jeune du village, elle a été  chassé dans la région en 1922 !

Ce félin éteint de nos jours en Algérie, au Maroc quelques individus subsistent encore. Sa présence au 19eme siècle est signalée au nord de Cherchel, à Annaba, dans le constantinois, et au sud à Djebel Aissa, à Ain Sefra et Beni Ouenif. En 1924 il est signalé dans les environs de Beni Haoua à Chlef. La date de sa disparition en Algérie est beaucoup plus récente que celle du lion de l’Atlas. En effet, la dernière panthère a été tuée en 1960 à El Kala (Desmet in Ahmim, 2004). Cependant aucune information ne fait état de la panthère de Benaria! Comment une information aussi capitale serait passée inaperçue?  

Une enquête auprès des habitants, nous a révélé que ce léopard n’était pas originaire de la région, cependant son histoire est non moins anodine. Il s’est échappé d’un cirque (le cirque Amar) pendant sa traversée dans le village de Flatter. Le jour où il s’attaqua à une femme l’amputant d’un bras (cette femme est la grand mère du directeur de l’école) une vaste battue fut organisée par les colons, les chasseurs et les habitants de la région, cette traque se termina par la mort de l’animal. Elle a eu lieu en 1922. 

Une mention  spéciale est à mettre à l’actif des employés de la maison de jeunes de Bénaria, pour avoir su préserver cet animal contre les attaques des insectes, et la convoitise de quelques « personnes  influentes ». Ces privilégiés voulaient à tout prix prendre possession du trophée pour l’exhiber dans leurs maison. Privant ainsi la population du village d’un vestige de leur histoire, ainsi que la connaissance de ce majestueux félin qui autrefois peuplait les forêts d’Algérie. 

 Bibiographie :

 

Ahmim. M (2004) : les mammifères d’Algérie, des origines à nos jours ministère de l’Aménagement du territoire et de l’Environnement. P 114.

Kowalski & Kowalska . Mammals of Algéria.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

publié par gouichiche m'hamed dans: lepusvulpes
Dimanche 04 Mai 2008

Les hyènes en danger !

 

 

 


Les hyènes font partie de la famille des hyénidés. Elles ont un corps plus haut à l'avant qu'à l'arrière. Leurs têtes massives, au museau allongé et à la mâchoire forte sont armées de dents robustes aptes à broyer les os les plus durs. Ce sont des prédateurs à la silhouette ingrate et au ricanement glaçant qui n’attire pas vraiment la sympathie. Pourtant, leur rôle est important dans l’équilibre écologique. Les hyènes ont pour mission de nettoyer l’environnement des cadavres.

 

 

 

Trois espèces d’hyènes existent dans le monde.

 

 

 

L’hyène tachetée (Crocuta crocuta), la plus connue, elle est aussi la plus imposante avec ses 80 kilos et la plus agressive aussi. Elle vit au cœur de la savane africaine. Son pelage jaunâtre est marqué de tâches brunes. C’est un animal grégaire aux mœurs nocturnes qui chasse en groupe.  Ces hyènes sont redoutables en supériorité numérique, les lions et les vautours très souvent leurs cèdent leurs proies.    

 

 

 

L'hyène brune (Parahyaena brunnea), que l'on retrouve dans le sud de l'Afrique, a un pelage brun foncé, une tête grise et des jambes rayées. Elle se nourrit principalement de poissons et de crabes. C'est un animal assez solitaire qui est devenu rare.

 

 

 

Notre hyène, l’hyène rayée (Hyaena hyaena) occupe les territoires du nord de l'Afrique, de l'Afrique de l'Est et certaines régions du Moyen Orient et de l'Inde. Elle a une robe gris ocre rayée de bandes verticales sombres. Sa longueur est comprise entre 100 et 120 cm, son poids varie entre 25 et 55 kg. Comme l’hyène brune, elle a une crinière formée de poils grossiers et érectiles qui se dressent de la nuque jusqu'au dos. Les oreilles sont plus grandes, plus pointues et moins poilues. Plus pacifiste et moins sauvage que l’hyène tachetée, elle ne s'attaque jamais à de grandes proies. Son mode de vie aussi les différencie radicalement. Si l’hyène tachetée est grégaire, l’hyène rayée en revanche est généralement solitaire.  Les couples ne se forment que pour la période de reproduction.  Chassant et se nourrissant la nuit de charognes, elle apprécie aussi particulièrement les fruits. Il lui arrive aussi de s'aventurer en ville pour se nourrir dans les décharges publiques. Furtive et silencieuse, elle évite généralement de croiser le chemin de l’homme, sauf si celui-ci manifeste un comportement agressif. A El Kala,  notre équipe se retrouva nez à nez avec une hyène à l’occasion d’une sortie nocturne, Celle–ci a  aussitôt fait volte face pour emprunter une coulée de sanglier. Le jour, elle passe la majeure partie de son temps à dormir dans sa tanière où à proximité, dans des endroits ombragés.

 

 

 

En Algérie, l’hyène rayée figure parmi les espèces protégées par le décret n°83 – 509 du 20 Août 1983 relatif aux espèces animales non domestiques protégées, en application à la loi relative à la protection de l’environnement. Notre laboratoire de taxidermie reçoit des animaux sauvages que nos collègues de l’administration des forêts retrouvent morts  ou blessés à l’occasion de leurs tournées. Les individus morts sont naturalisés. Les blessés, aptes à retrouver la vie sauvage sont soignés et relâchés dans leurs lieux  de capture. Ceux qui sont irrémédiablement handicapés, sont gardés au centre ou confiés aux parcs zoologiques. L’hyène  rayée qui était méconnue, est apparue parmi le lot des infortunés pour la première fois en 1992. C’était un animal mort, pris accidentellement dans le collet d’un agriculteur à Bouira.  Depuis, seize individus ont été réceptionnés. Deux en 1994, la première d’El Kala (Taref) et la seconde du Djurdjura (Bouira). Quatre en 1998, deux d’El Kala, une de  Hajout (Tipaza) la seconde de Djurdjura. Deux en 2003, la première blessée, elle a été soignée et relâchée dans son lieu de capture à n’haoua  dans la  daira de Mouzaia - Blida ( el watan du 30/01/2003) et l’autre morte, elle provenait de Belezma- Batna. Une en 2004, de Belezma. Deux en 2006, de Bouira. Et cinq hyènes en 2007, elles provenaient respectivement d’Oum el Bouaki (02), d’El Karimia–Chlef(01) et Bouira (02).

 

 

 

Quelles sont les raisons de cette recrudescence ? Pourquoi tant d’hyènes sont retrouvées mortes ? Les raisons évoquées seraient dues à la prolifération de l’espèce. Cependant, cette hypothèse parait peu probable, lorsque l’on sait que dans le règne animal, les effectifs se régulent en fonction des conditions du milieu. Les plus vulnérables qui se situent au sommet de la pyramide écologique, et dont le domaine vital s’étend sur un vaste territoire  à l’instar des hyènes, ont de très faibles chances de voir leurs effectifs proliférer, sauf dans des conditions exceptionnelles qui ne sont guères réunies chez nous. Il reste  donc l’explication la plus plausible et la moins réjouissante à notre avis, le braconnage... Cela expliquerait la présence des plombs retrouvés dans 1/3 des cadavres réceptionnés.

 

 

 

Chassé pour « délit de sale gueule » ou pour des croyances maléfiques qui lui sont injustement attribuées, ce précieux auxiliaire de la nature semble aujourd’hui plus que jamais en danger d’extinction.

 

 

 

 

 

 

publié par gouichiche m'hamed dans: lepusvulpes

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